Ceci sera notre dernier blog. En effet, nous sommes rendus au Québec et commençons déjà à essayer (avec difficulté) à nous réadapter à la vie "normale". Après avoir eu du mauvais temps dans le Maine qui nous a cloué à la marina pour plusieurs jours, nous avons décidé de laisser CroqueBleu sur place pour plusieurs raisons (bon deal à cette marina, acheteur potentiel et manque de temps). Il était aussi de plus en plus évident que nous ne pourrions pas en profiter cet été avec tout ce qui s'en vient...
Nous espérons avoir réussi à vous faire rêver et à vous faire vivre un peu de notre périple au travers de ce blog. Merci à tous ceux qui nous ont suivis durant cette année et qui sait peut-être qu'on vous souhaite un petit au revoir jusqu'aux "Nouvelles Grandes Aventures de CroqueBleu" ;-)
CroqueBleu
dimanche 17 juin 2012
samedi 16 juin 2012
Bilan de Marie-Noëlle
Bilan de mon année en mer
Par où commencer…
Nous sommes les plus chanceux au monde, aie-je souvent répété aux enfants. Oui, les plus chanceux au monde!
Nous avons eu le courage mais surtout la folie de faire le grand saut et du même coup, de tout laisser derrière nous.
Nous avons su prendre les bonnes décisions et nous avons pris les moyens nécessaires pour réaliser notre rêve. Nous avons accepté les conséquences, car oui il y en a certainement.
Nous voilà donc, un an plus tard, à l'aube de la fin. J'ai l'impression de commencer tout juste cette belle aventure que c'est déjà l'heure du bilan.
Voici donc le bilan des Grandes Aventures de CroqueBleu, le bilan de cette année en mer, le bilan de mon expérience.
Grandiose, Magique et Féerique pourraient bien résumer les douze derniers mois de ma vie. Certes il y a eu des moments plus difficiles, moins agréables mais ce fut un voyage merveilleux à tous les points de vue. L'unité familiale est plus soudée que jamais. Nous avons réussi à former une belle équipe, une équipe du tonnerre, l'équipe de CroqueBleu. Et nous sommes heureux. Heureux d'avoir passé du temps ensemble, heureux d'avoir osé, heureux d'avoir vécu ce grand périple, heureux d'avoir exploré un petit bout de notre planète.
Partir en bateau ce n'est pourtant pas toujours des vacances. En fait, paradoxalement, je n'ai jamais eu aussi peu de temps libre pour moi! Oubliez les longs apéro sur une petite terrasse sympa ou le temps pour lire des livres ou les sessions de bronzage car étonnamment, le temps nous a manqué!! Car, tout est plus long lorsqu'on vit à bord: faire l'épicerie ou la lessive c'est l'activité d'une journée, un repas prend 2-3 heures à faire. Oui, on n'a pas à se lever le matin pour aller travailler mais il y a une multitude de tâches qu'il faut accomplir quotidiennement. ll faut fabriquer notre propre eau, notre propre électricité et du même coup calculer et gérer notre consommation (et celle des enfants!…). Il faut gérer nos réservoirs des toilettes, nos réservoirs d'eau, nos réserves de nourritures, de propane, d'essence, de diesel. Il faut faire l'entretient de tous les systèmes et faire souvent des réparations car tout finit par briser sur un bateau! Il faut planifier la navigation selon les courants, les marées, la météo, il faut trouver les bons ancrages. Il faut évidemment s'occuper du ménage, de la vaisselle (à la main) et du lavage (à la main). Et bien sûr, il faut s'occuper des enfants à temps pleins car on ne peut pas les envoyer à l'école, ni à la garderie et il n'y a pas de gardienne à bord. CroqueBleu est un gros bateau mais 24h/24h à 5 dans un espace de 200-250 pieds carrés, ce n'est finalement pas si gros que ça! Il faut beaucoup de compromis, de patience et d'amour. En un an, j'ai peut-être passé 8 à 10 heures seule sans mes enfants, soit le temps de deux soupers et d'une épicerie. Ce qui est une chance mais aussi une des difficultés. Impossible d'être plus maman à temps plein que ça!
Évidemment, partir en bateau c'est aussi et surtout des moments exceptionnels. Un des aspect les plus formidable fut sans contredit de voir évoluer mes enfants. J'ai eu le bonheur de les voir grandir, les voir s'intéresser à pleins de choses, les voir apprendre une multitude de trucs, les voir devenir des petits hommes. Ils ont appris à faire du snorkeling en pleine mer, à conduire le dinghy et à barrer CroqueBleu même dans 30 noeuds de vent et tellement plus. Laurent s'est découvert une passion pour la photographie et il nous a étonné par sa persévérance hors du commun. Édouard s'est passionné pour la pêche et pour le dessin. Son esprit rassembleur nous a ébloui et nous a donné de grandes leçons. Alexia nous a épaté par ses talents de nageuse. Avec ses palmes, son masque et son tuba à travers les vagues et le courant, rien ne pouvait l'arrêter. J'ai passé du temps inoubliable avec mes enfants, du temps de qualité en énorme quantité. De plus, être leur professeur s'est avéré être une chance remarquable. Une expérience enrichissante et inattendue fut donc de leur apprendre à lire. Même Alexia fut envahie par une soif d'apprendre qui ne me laissa aucun autre choix que de lui apprendre à lire... malgré ses 4ans! Sans télévision, sans jeux électronique, sans internet, c'est fou comme ils ont mûris en un an, c'est fou comme ils ont changés. Ils ont aussi et surtout développé une conscience de la fragilité de la planète, de l'importance de l'eau, de l'effet de la pollution sur la Terre. Ils ont maintenant une grande ouverture sur le monde et une soif encore plus immense de continuer à le découvrir.
Je fut également frappée par la beauté du monde, la beauté de notre monde, de notre planète. La splendeur exceptionnelle et quasi irréelle de Saba, de Conception Island, de Warderick Wells, de Tobago Cay et de Samana continuera à me faire rêver encore bien longtemps. Les paysages éblouissants, les dizaines de teintes de bleus de la mer et l'immensité de l'océan resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Nous avons aussi pu admirer des superbes arcs-en-ciel, des orages électriques spectaculaires, des entonnoirs nuageux, une trombe marine (ce qui est une tornade qui touche l'eau), un "green flash" et même un ouragan! Côté phénomènes naturels on peut dire qu'on a été plus que choyés! De plus, la diversité de la faune et de la flore que nous avons croisé fut tout simplement stupéfiante. Nos rencontres avec les baleines à bosse, les petits rorquals, les cachalots, les globicéphales, les requins, les tortues, les multiples espèces de dauphins, les raies, les calmars, les physalies, les phoques et les dizaines d'espèces de poissons différentes furent indescriptible. J'ai eu l'incommensurable chance de pouvoir nager avec des dauphins sauvages ainsi qu'avec des requins, des tortues et des raies. Ce qui furent tous des moments inoubliables et merveilleux.
Un autre de mes petits moments de bonheur était de regarder par le hatch de la salle de bain le soir lorsque je brossais les dents des enfants. À tous les soirs j'avais une vue différente. Une vue sur une mer bleue turquoise ou sur une petite île déserte ou sur un magnifique coucher de soleil ou sur les buildings de New York avec son eau brune. Un paysage différent, mais à tous les soirs, j'étais heureuse d'être là!
CroqueBleu nous permit de découvrir 17 nouveaux pays et plus de 55 îles différentes. Nous avons pu apprendre leurs histoires, leurs cultures et leurs catastrophes. Nous avons pu goûter à pleins de nouveaux fruits, de nouveaux légumes, de nouveaux poissons et de nouvelles viandes (c'est bon de la chèvre!) au grand bonheur des petits et des grands! Aller au marché public en Guadeloupe ou en Martinique était comme partir à la conquête de nouvelles saveurs et de nouvelles textures pour gâter nos papilles gustatives! Plus c'était bizarre, plus les enfants voulaient l'essayer! CroqueBleu c'est aussi des belles rencontres, c'est se rendre compte à quel point nous sommes privilégiés. Ironiquement, sur plusieurs îles que nous avons visité, l'eau potable disponible était celle de la pluie. Sans suffisamment de pluie, c'est des récoltes entières qui venaient de disparaître. Notre petit watermaker "personnel" faisait donc l'envie du village complet! Ce fut une belle prise de conscience pour tous. Oui, nous sommes vraiment les plus chanceux au monde!
Passionnée de la photo et des mammifères marins, cette année fut paradisiaque pour moi. Je me suis amusée à essayer de capturer l'essentiel de ce périple en un peu plus de 20 000 photos (vive le numérique!). Une bonne partie de mes soirées étaient consacrées à classer mes photos, les améliorer et à composer le blog. Blog qui servira à la réalisation de nos 5 albums photos, un an en un peu plus de 500 pages. Ce sera notre mémoire, la preuve de la réalisation des Grandes Aventures de CroqueBleu.
Malheureusement, notre rêve s'achève. Il faut revenir et nous revenons. Le retour sera peut-être difficile. Mais nous rêvons déjà aux prochaines Grandes Aventures de CroqueBleu. Peut-être se concrétiseront-elles ou pas, mais ce n'est pas grave, l'important c'était de l'avoir fait au moins une fois. De vivre l'expérience jusqu'à la fin, de savourer chaque instant, chaque minute, chaque seconde de cette aventure. C'est de se sentir chanceux, de se sentir les plus privilégiés au monde.
Ce voyage, c'est un beau cadeau que nous nous sommes fait et que nous avons fait à nos enfants. J'espère qu'ils retiendront qu'il est important de réaliser ses rêves et que rien n'est impossible dans la vie. J'espère également qu'ils auront appris qu'il est primordial de prendre soin de notre belle planète pour que les futures générations puissent eux aussi admirer l'immense beauté de notre Terre.
Bref,
CroqueBleu c'est découvrir le monde, c'est explorer notre planète,
CroqueBleu c'est vivre au rythme du soleil, c'est vivre à notre rythme,
CroqueBleu c'est la mer à perte de vue, c'est des paysages à couper le souffle,
CroqueBleu, c'est être éblouit par des millions de teintes de bleus différentes, c'est pouvoir admirer l'immensité de l'océan à tous les jours,
CroqueBleu c'est la tranquillité, c'est aller à des endroits où peu de gens ont eu la chance d'y mettre les pieds,
CroqueBleu c'est des belles rencontres, c'est des moments inoubliables,
CroqueBleu c'est de se rendre compte de la fragilité de notre Terre et c'est de vouloir la préserver à tout prix
CroqueBleu c'est ça, c'est tout ça mais c'est aussi tellement plus….
Alors voilà, c'était mon bilan, ma réflexion suite à cette magnifique année qui s'achève
Merci Simon de m'avoir embarqué dans cette grande folie!
Merci beaucoup! Merci infiniment! Merci pour tout!
Merci CroqueBleu!
Merci la vie!
Marie-Noëlle
15 Mai 2012
Par où commencer…
Nous sommes les plus chanceux au monde, aie-je souvent répété aux enfants. Oui, les plus chanceux au monde!
Nous avons eu le courage mais surtout la folie de faire le grand saut et du même coup, de tout laisser derrière nous.
Nous avons su prendre les bonnes décisions et nous avons pris les moyens nécessaires pour réaliser notre rêve. Nous avons accepté les conséquences, car oui il y en a certainement.
Nous voilà donc, un an plus tard, à l'aube de la fin. J'ai l'impression de commencer tout juste cette belle aventure que c'est déjà l'heure du bilan.
Voici donc le bilan des Grandes Aventures de CroqueBleu, le bilan de cette année en mer, le bilan de mon expérience.
Grandiose, Magique et Féerique pourraient bien résumer les douze derniers mois de ma vie. Certes il y a eu des moments plus difficiles, moins agréables mais ce fut un voyage merveilleux à tous les points de vue. L'unité familiale est plus soudée que jamais. Nous avons réussi à former une belle équipe, une équipe du tonnerre, l'équipe de CroqueBleu. Et nous sommes heureux. Heureux d'avoir passé du temps ensemble, heureux d'avoir osé, heureux d'avoir vécu ce grand périple, heureux d'avoir exploré un petit bout de notre planète.
Partir en bateau ce n'est pourtant pas toujours des vacances. En fait, paradoxalement, je n'ai jamais eu aussi peu de temps libre pour moi! Oubliez les longs apéro sur une petite terrasse sympa ou le temps pour lire des livres ou les sessions de bronzage car étonnamment, le temps nous a manqué!! Car, tout est plus long lorsqu'on vit à bord: faire l'épicerie ou la lessive c'est l'activité d'une journée, un repas prend 2-3 heures à faire. Oui, on n'a pas à se lever le matin pour aller travailler mais il y a une multitude de tâches qu'il faut accomplir quotidiennement. ll faut fabriquer notre propre eau, notre propre électricité et du même coup calculer et gérer notre consommation (et celle des enfants!…). Il faut gérer nos réservoirs des toilettes, nos réservoirs d'eau, nos réserves de nourritures, de propane, d'essence, de diesel. Il faut faire l'entretient de tous les systèmes et faire souvent des réparations car tout finit par briser sur un bateau! Il faut planifier la navigation selon les courants, les marées, la météo, il faut trouver les bons ancrages. Il faut évidemment s'occuper du ménage, de la vaisselle (à la main) et du lavage (à la main). Et bien sûr, il faut s'occuper des enfants à temps pleins car on ne peut pas les envoyer à l'école, ni à la garderie et il n'y a pas de gardienne à bord. CroqueBleu est un gros bateau mais 24h/24h à 5 dans un espace de 200-250 pieds carrés, ce n'est finalement pas si gros que ça! Il faut beaucoup de compromis, de patience et d'amour. En un an, j'ai peut-être passé 8 à 10 heures seule sans mes enfants, soit le temps de deux soupers et d'une épicerie. Ce qui est une chance mais aussi une des difficultés. Impossible d'être plus maman à temps plein que ça!
Évidemment, partir en bateau c'est aussi et surtout des moments exceptionnels. Un des aspect les plus formidable fut sans contredit de voir évoluer mes enfants. J'ai eu le bonheur de les voir grandir, les voir s'intéresser à pleins de choses, les voir apprendre une multitude de trucs, les voir devenir des petits hommes. Ils ont appris à faire du snorkeling en pleine mer, à conduire le dinghy et à barrer CroqueBleu même dans 30 noeuds de vent et tellement plus. Laurent s'est découvert une passion pour la photographie et il nous a étonné par sa persévérance hors du commun. Édouard s'est passionné pour la pêche et pour le dessin. Son esprit rassembleur nous a ébloui et nous a donné de grandes leçons. Alexia nous a épaté par ses talents de nageuse. Avec ses palmes, son masque et son tuba à travers les vagues et le courant, rien ne pouvait l'arrêter. J'ai passé du temps inoubliable avec mes enfants, du temps de qualité en énorme quantité. De plus, être leur professeur s'est avéré être une chance remarquable. Une expérience enrichissante et inattendue fut donc de leur apprendre à lire. Même Alexia fut envahie par une soif d'apprendre qui ne me laissa aucun autre choix que de lui apprendre à lire... malgré ses 4ans! Sans télévision, sans jeux électronique, sans internet, c'est fou comme ils ont mûris en un an, c'est fou comme ils ont changés. Ils ont aussi et surtout développé une conscience de la fragilité de la planète, de l'importance de l'eau, de l'effet de la pollution sur la Terre. Ils ont maintenant une grande ouverture sur le monde et une soif encore plus immense de continuer à le découvrir.
Je fut également frappée par la beauté du monde, la beauté de notre monde, de notre planète. La splendeur exceptionnelle et quasi irréelle de Saba, de Conception Island, de Warderick Wells, de Tobago Cay et de Samana continuera à me faire rêver encore bien longtemps. Les paysages éblouissants, les dizaines de teintes de bleus de la mer et l'immensité de l'océan resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Nous avons aussi pu admirer des superbes arcs-en-ciel, des orages électriques spectaculaires, des entonnoirs nuageux, une trombe marine (ce qui est une tornade qui touche l'eau), un "green flash" et même un ouragan! Côté phénomènes naturels on peut dire qu'on a été plus que choyés! De plus, la diversité de la faune et de la flore que nous avons croisé fut tout simplement stupéfiante. Nos rencontres avec les baleines à bosse, les petits rorquals, les cachalots, les globicéphales, les requins, les tortues, les multiples espèces de dauphins, les raies, les calmars, les physalies, les phoques et les dizaines d'espèces de poissons différentes furent indescriptible. J'ai eu l'incommensurable chance de pouvoir nager avec des dauphins sauvages ainsi qu'avec des requins, des tortues et des raies. Ce qui furent tous des moments inoubliables et merveilleux.
Un autre de mes petits moments de bonheur était de regarder par le hatch de la salle de bain le soir lorsque je brossais les dents des enfants. À tous les soirs j'avais une vue différente. Une vue sur une mer bleue turquoise ou sur une petite île déserte ou sur un magnifique coucher de soleil ou sur les buildings de New York avec son eau brune. Un paysage différent, mais à tous les soirs, j'étais heureuse d'être là!
CroqueBleu nous permit de découvrir 17 nouveaux pays et plus de 55 îles différentes. Nous avons pu apprendre leurs histoires, leurs cultures et leurs catastrophes. Nous avons pu goûter à pleins de nouveaux fruits, de nouveaux légumes, de nouveaux poissons et de nouvelles viandes (c'est bon de la chèvre!) au grand bonheur des petits et des grands! Aller au marché public en Guadeloupe ou en Martinique était comme partir à la conquête de nouvelles saveurs et de nouvelles textures pour gâter nos papilles gustatives! Plus c'était bizarre, plus les enfants voulaient l'essayer! CroqueBleu c'est aussi des belles rencontres, c'est se rendre compte à quel point nous sommes privilégiés. Ironiquement, sur plusieurs îles que nous avons visité, l'eau potable disponible était celle de la pluie. Sans suffisamment de pluie, c'est des récoltes entières qui venaient de disparaître. Notre petit watermaker "personnel" faisait donc l'envie du village complet! Ce fut une belle prise de conscience pour tous. Oui, nous sommes vraiment les plus chanceux au monde!
Passionnée de la photo et des mammifères marins, cette année fut paradisiaque pour moi. Je me suis amusée à essayer de capturer l'essentiel de ce périple en un peu plus de 20 000 photos (vive le numérique!). Une bonne partie de mes soirées étaient consacrées à classer mes photos, les améliorer et à composer le blog. Blog qui servira à la réalisation de nos 5 albums photos, un an en un peu plus de 500 pages. Ce sera notre mémoire, la preuve de la réalisation des Grandes Aventures de CroqueBleu.
Malheureusement, notre rêve s'achève. Il faut revenir et nous revenons. Le retour sera peut-être difficile. Mais nous rêvons déjà aux prochaines Grandes Aventures de CroqueBleu. Peut-être se concrétiseront-elles ou pas, mais ce n'est pas grave, l'important c'était de l'avoir fait au moins une fois. De vivre l'expérience jusqu'à la fin, de savourer chaque instant, chaque minute, chaque seconde de cette aventure. C'est de se sentir chanceux, de se sentir les plus privilégiés au monde.
Ce voyage, c'est un beau cadeau que nous nous sommes fait et que nous avons fait à nos enfants. J'espère qu'ils retiendront qu'il est important de réaliser ses rêves et que rien n'est impossible dans la vie. J'espère également qu'ils auront appris qu'il est primordial de prendre soin de notre belle planète pour que les futures générations puissent eux aussi admirer l'immense beauté de notre Terre.
Bref,
CroqueBleu c'est découvrir le monde, c'est explorer notre planète,
CroqueBleu c'est vivre au rythme du soleil, c'est vivre à notre rythme,
CroqueBleu c'est la mer à perte de vue, c'est des paysages à couper le souffle,
CroqueBleu, c'est être éblouit par des millions de teintes de bleus différentes, c'est pouvoir admirer l'immensité de l'océan à tous les jours,
CroqueBleu c'est la tranquillité, c'est aller à des endroits où peu de gens ont eu la chance d'y mettre les pieds,
CroqueBleu c'est des belles rencontres, c'est des moments inoubliables,
CroqueBleu c'est de se rendre compte de la fragilité de notre Terre et c'est de vouloir la préserver à tout prix
CroqueBleu c'est ça, c'est tout ça mais c'est aussi tellement plus….
Alors voilà, c'était mon bilan, ma réflexion suite à cette magnifique année qui s'achève
Merci Simon de m'avoir embarqué dans cette grande folie!
Merci beaucoup! Merci infiniment! Merci pour tout!
Merci CroqueBleu!
Merci la vie!
Marie-Noëlle
15 Mai 2012
Bilan de Simon
Après plusieurs décennies effrénées, un de mes buts de cette année sabbatique était de prendre le temps de bien réfléchir à mon futur, mes projets et de bien faire le point. À l'automne passé, j'essayais périodiquement d'y réfléchir mais tout était confus et avec tout ce qu'il y avait à faire sur le bateau, je n'avais pas autant de temps que prévu. Après avoir bien essayé et avoir écrit des pages de notes pour de nouveaux projets, je sentais toujours que je tournais en rond et que je n'arrivais à rien. J'ai alors abandonné l'idée de faire le point et décidé de profiter à 100% de cette année en me disant qu'il serait toujours temps de réfléchir et de travailler sur de nouveaux projets à mon retour. À ce moment, j'ai arrêté d'essayer de penser pour me concentrer sur ce que je vivais et graduellement j'ai commencé à me sentir de mieux en mieux en voyage. J'ai réussi à "ralentir" et à accepter de ne rien faire de "productif" ce qui fut difficile pour moi. Tranquillement, un bien-être tout calme m'a envahi dans cette vie simple et près de la nature. J'ai réalisé que tout ce que nous avons en entrepôt ne me manquait absolument pas et qu'on avait vraiment pas besoin de toutes nos "bébelles".
En réussissant à "ralentir"comme ça, il m'est devenu de plus en plus évident que notre rythme de vie et de consommation effréné n'a aucun sens ni pour celui qui le vit, ni pour la planète. Je dirais même plus que notre rythme de vie et toutes nos "bébelles" sont des embûches au bien-être et au bonheur. Je m'explique: tout ce que nous faisons compte, tout ce que nous possédons compte: Tous ce que nous faisons ou que nous possédons qui ne nous rapproche pas de nos aspirations profondes ou celle de ceux qu'on aime, nous en éloigne. Toutes les "bébelles" que nous accumulons nous éloignent du bonheur pour toutes sortes de raisons: il faut entretenir l'auto, la moto, payer une grande maison pour garder tout ça et il faut se souvenir de tout faire ces choses, de ne pas laisser l'auto dans la rue la nuit, de payer l'assurance etc. Toutes ces activités nous occupent ou occupent notre esprit sans rien nous apporter. Pendant ce temps, la vie passe à la vitesse grand V et on ne réalise pas ses aspirations réelles.
Parallèlement à cette réflexion, j'ai eu une "révélation" à Warderick Well au Bahamas: Après avoir nagé un peu partout dans les Antilles et les Bahamas, le choc fut violent de nager dans le parc marin des Bahamas. La vie marine à cet endroit fait paraître tout le reste comme un désert. Mais pourtant c'est la vie marine du parc qui devrait être la normalité! pas le désert de l'extérieur du parc. La pollution et la pression que l'homme fait peser sur l'environnement n'est pas invisible ou théorique, c'est évident, dramatique et on est près du point de non retour. Et nous en faisons partie de ce même écosystème, tout est connecté, les toxines de l'environnement sont mesurables dans chacun de nos corps. Et toute cette pollution qui est pour des bébelles qui ne me rendent pas un centième de la satisfaction de voir un "green flash" lors d'un coucher de soleil et qui m'éloignent de mon bonheur!!!
Ce qui est intéressant c'est que j'ai réalisé que la réponse au bonheur et au respect de l'environnement ne sont pas incompatibles, bien au contraire! La première priorité est de RÉDUIRE nos activités futiles pour se concentrer sur ce qui est important et RÉDUIRE notre empreinte sur l'environnement. Alors que cette évidence devenait de plus en plus claire, mes projets se sont clarifiés sans que je m'en rende compte et à ma grande surprise. Preuve que "less is more" et qu'il ne faut pas avoir peur de sortir de notre zone de confort.
Ceci vaut aussi pour les enfants: avec chacun une boite de jouets seulement, quelques livres et pas de télévision, ils ont appris à s'inventer des jeux, appris à lire avant d'aller à l'école, appris toute la réalité des différentes îles, la valeur relative de l'Euro par rapport au dollar américain et un million d'autres choses.
Ce que l'on vit est clairement beaucoup plus important que toutes nos "bébelles" et nos préoccupations de "civilisés". Il est difficile d'essayer de changer même quand on a beau y mettre des efforts alors que de vivre des expériences nouvelles et hors de notre zone de confort nous change de l'intérieur graduellement et sans même que l'on s'en rende compte! Génial...
9 Juin 2012
Ce que l'on vit est clairement beaucoup plus important que toutes nos "bébelles" et nos préoccupations de "civilisés". Il est difficile d'essayer de changer même quand on a beau y mettre des efforts alors que de vivre des expériences nouvelles et hors de notre zone de confort nous change de l'intérieur graduellement et sans même que l'on s'en rende compte! Génial...
9 Juin 2012
vendredi 15 juin 2012
Le top des top
Voici nos top des Top
Top 5 places coup de coeur
1- Conception Island dans les Bahamas
2- Warderick Wells dans les Bahamas avec son parc marin
3- Barbudas avec ses frégates et sa plage de sable rose
4- Les Saintes avec son pain et ses chocolatines...
5- Tobago Cay avec ses tortues
6- L'île de Saba
Mouillages les plus affreux (les plus inconfortable)
1- Montserrat
2- Provo dans les Turks et Caïcos (le mouillage exposé à l'ouest de l'île)
3- Virgin Gorda aux Îles Vierges (la mauvaise bonne idée de Simon)
Top 5 activités
1- Grimper la Souffrière pour Simon et nager avec des dauphins aux Îles Vierges pour Marie-Noëlle
2- Nager avec les tortues à Tobago Cay
3- Visiter le lagon en dinghy à Conception Island (Bahamas)
4- Visite de Saba en auto
5- La navigation avec des amis dans Chesapeake
Top 6 mésaventures
1- L'ouragan Irène à New Bedford
2- La fracture du coude à Édouard près de Boston
3- Le feux électrique à bord de CroqueBleu à Antigua
4- Lorsqu'on a attrapé un corps mort avec l'ancre en Guadeloupe et que Simon a dû plonger avec bouteille pour aller couper le câble pour nous en libérer.
5- La panne de la génératrice à Ste-Lucie.
6- Le douanier chiant à St-Martin qui nous a presque renvoyé aux îles Vierges (après une traversée de plus de 24 heures) pour une formalité de douane.
Top 5 places coup de coeur
1- Conception Island dans les Bahamas
2- Warderick Wells dans les Bahamas avec son parc marin
3- Barbudas avec ses frégates et sa plage de sable rose
4- Les Saintes avec son pain et ses chocolatines...
5- Tobago Cay avec ses tortues
6- L'île de Saba
Mouillages les plus affreux (les plus inconfortable)
1- Montserrat
2- Provo dans les Turks et Caïcos (le mouillage exposé à l'ouest de l'île)
3- Virgin Gorda aux Îles Vierges (la mauvaise bonne idée de Simon)
Top 5 activités
1- Grimper la Souffrière pour Simon et nager avec des dauphins aux Îles Vierges pour Marie-Noëlle
2- Nager avec les tortues à Tobago Cay
3- Visiter le lagon en dinghy à Conception Island (Bahamas)
4- Visite de Saba en auto
5- La navigation avec des amis dans Chesapeake
Top 6 mésaventures
1- L'ouragan Irène à New Bedford
2- La fracture du coude à Édouard près de Boston
3- Le feux électrique à bord de CroqueBleu à Antigua
4- Lorsqu'on a attrapé un corps mort avec l'ancre en Guadeloupe et que Simon a dû plonger avec bouteille pour aller couper le câble pour nous en libérer.
5- La panne de la génératrice à Ste-Lucie.
6- Le douanier chiant à St-Martin qui nous a presque renvoyé aux îles Vierges (après une traversée de plus de 24 heures) pour une formalité de douane.
mercredi 13 juin 2012
Nos nuits pourries
Un aspect moins agréable et inattendu de la vie en bateau a été la grande quantité de nuits pourries…
Il y a eu des nuits pourries à cause du roulis,
Des nuits pourries lorsqu'on navigue toute la nuit,
Des nuits pourries lorsqu'on doit partir aux petites heures de la nuit,
Des nuits pourries à cause des party, des feux d'artifices et du bruit,
Des nuits pourries où l'alarme de l'ancre crie,
Des nuits pourries lorsqu'il pleut et qu'il faut fermer les hatchs pour ne pas se retrouver tout mouillé au lit,
Des nuits pourries lorsqu'il vente trop et qu'on a peur que CroqueBleu se retrouve à des miles d'ici
Des nuits pourries parce qu'il fait trop chaud ou trop froid malgré notre tuque de ski
Et puis il y a des nuits pourries de la vie car on a 3 petits
Mis à part ces quelques petites nuits, nous avons quand même bien dormi!
Car avec juste un petit roulis, il est très agréable de se faire bercer dans son lit!
![]() |
| Voici Alexia qui ne s'est pas rendue dans son lit pour sa sieste d'après-midi... |
mardi 12 juin 2012
Maudit Plastique
Nous ne serions pas honnête envers vous ni envers nous si nous passions sous silence le problème de la pollution. De la pollution, il y en a partout et un problème notable est le plastique. Même sur les plages des îles désertes, on pouvait voir du plastique, sous toutes ses formes, en quantité plus qu'étonnante.
Est-ce que vous vous souvenez de ma question: "trouver l'intrus" sur cette photo?
Et bien, dans ce paysage idyllique, se cache une dure réalité... Celle de la pollution de nos océans par le plastique. Si vous regardez attentivement en bas à gauche, vous verrez une bouteille de plastique blanche avec son bouchon rose... Et oui, même à Conception Island, cette île déserte des Bahamas qui est un "national park", la plage y était recouverte de plastiques de toutes sortes.
Plusieurs animaux meurent en mangeant le plastique. Les tortues pensent avaler une méduse en mangeant un sac de plastique. Même les gros mammifères y succombent. Voici un cachalot de 52 pieds, mort en 1995 dans les Bahamas après avoir ingurgité du plastique. Son squelette est d'ailleurs exposé à Wardericks Wells pour que tous puissent se rendre compte de ce problème grandissant.
La pollution de nos océans par le plastique provient à 80% des continents et à 20% des bateaux. Le plastique flotte et ne se dégrade pas, sous l'action du soleil il finit (trop lentement) par se fragmenter en une multitudes de petites particules en dégageants des produits toxiques. Ces produits toxiques se concentrent ensuite dans toute la chaine alimentaire pour revenir jusqu'à nous. Vous pensez vous en tirer en achetant du saumon d'élevage? Impossible, il est nourri avec des petits poissons pêchés dans l'océan! Les courants marins apportent ces détritus sur toutes les plages mais aussi les concentrent en certains endroits de l'océan où ils tourneront pendant des centaines d'années pour que l'action lente du soleil finisse par les dégrader. En cherchant dans YouTube "the great pacific patch" vous trouverez plusieurs reportages comme celui ci-après (voir le lien) sur ce monstrueux problème que nous sommes en train de créer:
Pacific patch
Il y a quelques années, on a remplacé les sacs de papier à l'épicerie par du plastique pour "sauver des arbres" et le résultat est probablement pire. Ceci démontre l'importance de RÉDUIRE notre consommation et surtout celle de plastique. Il faut bannir les produits jetables ou peu durables fait en plastique: bouteilles de breuvages, sacs dans les magasins, emballages de "styrofoam" pour les aliments et tous ces jouets de plastique faits en Chine à la qualité plus que douteuse. De toute façon, ces plastiques sont toxiques pour nous aussi, ils dégagent notamment des phtalates qui dérèglent le système hormonal, qui pourraient jouer un rôle dans l'épidémie actuelle de diabète et d'obésité et qui sont cancérigènes. (Ils sont dégagés par les contenants de plastique et même les boites de conserves car celle-ci sont maintenant enduites de plastique à l'intérieur!).
Il faut revenir à des produits plus sains, plus inertes comme le verre ou dégradables comme le carton et le papier ciré. Il faut arrêter de jouer aux apprentis sorciers: à chaque fois qu'un nouveau produit sort, on en généralise l'utilisation sans savoir l'effet sur l'homme que ce soit les plastiques, les enduits de teflon cancérigènes des poêles anti-adhésives. N'oublions pas que la chute de la Rome antique fut probablement causée par le saturnisme des dirigeants à cause des canalisations d'aqueducs de vin en...plomb!!!
Est-ce que vous vous souvenez de ma question: "trouver l'intrus" sur cette photo?
Plusieurs animaux meurent en mangeant le plastique. Les tortues pensent avaler une méduse en mangeant un sac de plastique. Même les gros mammifères y succombent. Voici un cachalot de 52 pieds, mort en 1995 dans les Bahamas après avoir ingurgité du plastique. Son squelette est d'ailleurs exposé à Wardericks Wells pour que tous puissent se rendre compte de ce problème grandissant.
Pacific patch
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| Ste-Croix, îles Vierges Américaines |
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| Turks et Caïcos |
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| Samana, Bahamas |
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| Une toilette sur la plage de Conception, une île déserte... |
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| Encore du plastique |
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| Floride |
Il faut revenir à des produits plus sains, plus inertes comme le verre ou dégradables comme le carton et le papier ciré. Il faut arrêter de jouer aux apprentis sorciers: à chaque fois qu'un nouveau produit sort, on en généralise l'utilisation sans savoir l'effet sur l'homme que ce soit les plastiques, les enduits de teflon cancérigènes des poêles anti-adhésives. N'oublions pas que la chute de la Rome antique fut probablement causée par le saturnisme des dirigeants à cause des canalisations d'aqueducs de vin en...plomb!!!
lundi 11 juin 2012
Bilan d'Alexia
Voici le bilan d'Alexia, 4 ans.
Elle l'a composé elle-même, sans aide. Je lui ai épelé les mots et elle l'a tapé sur l'ordinateur!
"J'ai aimé faire de l'école. J'ai aimé écouter "Home Alone". J'ai aimé me baigner. J'ai aimé jouer à l'ordinateur. J'ai aimé voir les baleines. J'ai aimé notre voyage. Maman je t'aime. Papa je t'aime. Je t'aime Foufou Doudou. J'aime Dodu et Bébé Singe."
30 Mai 2012
Elle l'a composé elle-même, sans aide. Je lui ai épelé les mots et elle l'a tapé sur l'ordinateur!
"J'ai aimé faire de l'école. J'ai aimé écouter "Home Alone". J'ai aimé me baigner. J'ai aimé jouer à l'ordinateur. J'ai aimé voir les baleines. J'ai aimé notre voyage. Maman je t'aime. Papa je t'aime. Je t'aime Foufou Doudou. J'aime Dodu et Bébé Singe."
30 Mai 2012
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| Alexia qui dort en tenant Dodu par la queue... |
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| Voici Dodu sous les bons soins d'Alexia, pendu avec une longe... |
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