samedi 16 juin 2012

Bilan de Simon

Après plusieurs décennies effrénées, un de mes buts de cette année sabbatique était de prendre le temps de bien réfléchir à mon futur, mes projets et de bien faire le point. À l'automne passé, j'essayais périodiquement d'y réfléchir mais tout était confus et avec tout ce qu'il y avait à faire sur le bateau, je n'avais pas autant de temps que prévu. Après avoir bien essayé et avoir écrit des pages de notes pour de nouveaux projets, je sentais toujours que je tournais en rond et que je n'arrivais à rien. J'ai alors abandonné l'idée de faire le point et décidé de profiter à 100% de cette année en me disant qu'il serait toujours temps de réfléchir et de travailler sur de nouveaux projets à mon retour. À ce moment, j'ai arrêté d'essayer de penser pour me concentrer sur ce que je vivais et graduellement j'ai commencé à me sentir de mieux en mieux en voyage. J'ai réussi à "ralentir" et à accepter de ne rien faire de "productif" ce qui fut difficile pour moi. Tranquillement, un bien-être tout calme m'a envahi dans cette vie simple et près de la nature. J'ai réalisé que tout ce que nous avons en entrepôt ne me manquait absolument pas et qu'on avait vraiment pas besoin de toutes nos "bébelles".

En réussissant à "ralentir"comme ça, il m'est devenu de plus en plus évident que notre rythme de vie et de consommation effréné n'a aucun sens ni pour celui qui le vit, ni pour la planète. Je dirais même plus que notre rythme de vie et toutes nos "bébelles" sont des embûches au bien-être et au bonheur. Je m'explique: tout ce que nous faisons compte, tout ce que nous possédons compte: Tous ce que nous faisons ou que nous possédons qui ne nous rapproche pas de nos aspirations profondes ou celle de ceux qu'on aime, nous en éloigne. Toutes les "bébelles" que nous accumulons nous éloignent du bonheur pour toutes sortes de raisons: il faut entretenir l'auto, la moto, payer une grande maison pour garder tout ça et il faut se souvenir de tout faire ces choses, de ne pas laisser l'auto dans la rue la nuit, de payer l'assurance etc. Toutes ces activités nous occupent ou occupent notre esprit sans rien nous apporter. Pendant ce temps, la vie passe à la vitesse grand V et on ne réalise pas ses aspirations réelles. 

Parallèlement à cette réflexion, j'ai eu une "révélation" à Warderick Well au Bahamas: Après avoir nagé un peu partout dans les Antilles et les Bahamas, le choc fut violent de nager dans le parc marin des Bahamas. La vie marine à cet endroit fait paraître tout le reste comme un désert. Mais pourtant c'est la vie marine du parc qui devrait être la normalité! pas le désert de l'extérieur du parc. La pollution et la pression que l'homme fait peser sur l'environnement n'est pas invisible ou théorique, c'est évident, dramatique et on est près du point de non retour. Et nous en faisons partie de ce même écosystème, tout est connecté, les toxines de l'environnement sont mesurables dans chacun de nos corps. Et toute cette pollution qui est pour des bébelles qui ne me rendent pas un centième de la satisfaction de voir un "green flash" lors d'un coucher de soleil et qui m'éloignent de mon bonheur!!! 

Ce qui est intéressant c'est que j'ai réalisé que la réponse au bonheur et au respect de l'environnement ne sont pas incompatibles, bien au contraire! La première priorité est de RÉDUIRE nos activités futiles pour se concentrer sur ce qui est important et RÉDUIRE notre empreinte sur l'environnement. Alors que cette évidence devenait de plus en plus claire, mes projets se sont clarifiés sans que je m'en rende compte et à ma grande surprise. Preuve que "less is more" et qu'il ne faut pas avoir peur de sortir de notre zone de confort. 

Ceci vaut aussi pour les enfants: avec chacun une boite de jouets seulement, quelques livres et pas de télévision, ils ont appris à s'inventer des jeux, appris à lire avant d'aller à l'école, appris toute la réalité des différentes îles, la valeur relative de l'Euro par rapport au dollar américain et un million d'autres choses.

Ce que l'on vit est clairement beaucoup plus important que toutes nos "bébelles" et nos préoccupations de "civilisés". Il est difficile d'essayer de changer même quand on a beau y mettre des efforts alors que de vivre des expériences nouvelles et hors de notre zone de confort nous change de l'intérieur graduellement et sans même que l'on s'en rende compte! Génial...

9 Juin 2012


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