vendredi 20 avril 2012

Les Exumas : magiques

On comprend maintenant pourquoi les Exumas jouissent de la réputation d’être un petit paradis pour la navigation de plaisance. Cette chaine d’à peine une centaine de miles de long comporte quelques 365 cailles (îlets) bordée au sud-ouest par le Exumas bank peu profond et au nord-est par le Exumas sound qui est très profond. La navigation sur le bank s’apparente aux conditions du lac Champlain quand il y a du vent : peu ou pas de vagues mais avec du bon vent. Si on navigue à l’extérieur, dans le « sound », on  a des conditions de pleine mer où on peut attraper les poissons hauturiers (dorades et autres). Cette frontière entre l’eau du large et celle du banc favorise la faune marine qui y est abondante. L’eau est d’une limpidité exceptionnelle produisant des paysages marins absolument époustouflants et d’excellentes conditions pour la phote sous-marine. Les journées sont chaudes mais les nuits sont fraiches et relativement sèches. Comme il y a 365 îles, on trouve plein d’ancrages déserts si on veut. Ces îles sont formées de roche calcaire et truffées de formations intéressantes et de grottes. De plus, les rares habitants rencontrés sont bien sympathiques. Mettez tout ça à trois jours de voile de la Floride ce qui est la porte à côté et on comprend pourquoi certains navigateurs passant pas ici décident d’y rester…

Après le coeur en algues dans le sable, voici "notre bec" dans le ciel :-)
Mais tout n’y est pas parfait. Cette configuration en bordure d’un banc cause des courants de marée assez violents qui créent parfois ce qu’on appelle un « rage » : Quand le courant de jusant dans les passes (vers le NE) rencontre un vent d’est établi (ou une houle d’est), les vagues deviennent impressionnantes et courtes voire dangereuses. Il vaut mieux éviter les passes dans ces conditions. Sur le banc, la navigation se fait à vue avec parfois des profondeurs (où plutôt l’absence de profondeur) qui fait peur : On a peur de frapper les étoiles de mer et les conchs qu’on voit dans le fond de l’eau!!! On ne peut pas trop se fier aux cartes marines car les bancs de sable bougent : les yeux sont meilleurs que la carte. Le mouillage se complique aussi car souvent on mouille dans un canal étroit entre des bancs de sable et il faut un « mouillage Bahamien » c’est à dire une ancre en amont et une autre en aval pour garder le bateau là où il y a de l’eau lors de la renverse de courant. L’autre aspect est le manque d’infrastructures : il y a peu de points de ravitaillement, l’eau du robinet est à 50 sous le gallon et les deux seules épiceries sont soit à George Town (celle où il y a des légumes la journée où passe le bateau) ou sinon à Nassau. C’est donc dire qu’on est en train de passer au travers de nos boîtes de conserves : autre avantage des Exumas ;-)  Nous pensions aussi avoir battus des records dans les Antilles mais nous avons fait une lessive libre-service à 30$ la brassée et l’internet coûte 10$ du 100MB (up and down additionné) ce qui correspond à environ 15 secondes de vidéo de Marie-Noëlle et qui est dix fois plus cher que sur mon téléphone cellulaire!!! Quand on trouve un endroit pour disposer des ordures (rare) on doit payer jusqu’à 5$ par sac. Cet été, si vous me voyer plier des pintes de lait vides ou écraser des boites de conserves vides, ne vous en faites pas, c’est juste une habitude…



Laurent

Laurent et Alexia

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