lundi 19 mars 2012

Entre San Juan et Turks et Caicos

Nous avions prévu 3 jours et deux (ou trois) nuits pour rallier Grand Turk à partir de San Juan. Nous avons finalement fait le trajet en deux jours et 5 heures: "bravo CroqueBleu!" Nous avons eu de superbes conditions: bon vent, portant, mer clémente et beau temps (sauf mon dernier quart de nuit pendant lequel je (Simon) me suis fait tremper d'aplomb par plusieurs grains). Les enfants sont devenus très bons et ont fait la traversée sans problème. Marie-Noëlle et moi sommes un peu fatigués car on fait chacun 12 heures de quart et on s'est occupé des enfants le reste du temps... En arrivant aux Turks and Caicos, on a découvert que ces îles ne font pas partie de nos cartes électroniques, heureusement qu'on a les bonnes vieilles cartes papiers!

Durant la traversée, je contemplais les milliards d'étoiles et la voie lactée qui est vraiment dense sans pollution lumineuse. Dans l'eau il y avait aussi les "étoiles" du plancton phosphorescent et CroqueBleu taillait son chemin poussé par un bon vent chaud. À ce moment j'écoutais la symphonie du nouveau monde de Dvorak sur mon iPod et j'ai savouré ce moment en me disant combien j'étais chanceux. Chanceux d'être là, de vivre, des choix que j'ai fait. Oui, j'ai vraiment eu beaucoup de chance et parfois on est chanceux quand on ose...

À l'arrivée à Grand Turk, nous sommes passés en face de la "ville" principale et de son ancrage...vide. Nous avons alors décidé d'aller directement à "South Base" (qui est une ancienne base américaine) où sont apparemment situées les douanes. À notre arrivée, il y avait quelques bateaux de pêche et de "day-charter" mais aucun voilier (ni bateau moteur) de croisière!!! À quelques distances de notre ancrage est situé le quai pour les paquebots qui visitent l'île, je me suis donc dit que les douanes doivent être situées là-bas et je décidai d'y aller en dinghy. Rendu au quai des paquebots, il y a une plage pleine de monde qui ont des coups de soleil et qui semblent se dépêcher à se reposer avant de rembarquer dans un des deux paquebots. Un peu plus loin, nous arrivons au complexe portuaire des paquebots qui semble planté au milieu de nulle part avec ses boutiques de luxe alors qu'il n'y a rien sur cette île. Toute cette mise en scène nous apparait plutôt pathétique surtout après quelques jours en mer. Lorsque je demande la douane, on me répond: "pas besoin, tout est pris en charge par votre paquebot" et tout le monde trouve étrange que nous soyons là par nos propres moyens. Je finis par me faire dire par la sécurité que les douaniers sont partis et qu'il faudra que j'aille à l'aéroport qui est à environ un mile... Un peu plus tard je demandai le chemin de l'aéroport pour aller aux douanes à un employé du port qui me pointa un entrepôt semi-ouvert en me disant que c'était les douanes!!! et effectivement, je trouvai le douanier dans l'entrepôt. Le douanier (fort sympathique à défaut d'être compétent) n'avait aucune idée de comment faire la "entry clearance" pour un voilier de croisière!!! après quelques coups de téléphone, il finit par me dire que nous n'avons pas besoin de "cruising permit" et que nous avons le droit de pêcher ce qui me semble suspect car nos deux guides de croisière mentionnent exactement le contraire...

Les îles Turks and Caicos sont géologiquement la prolongation des Bahamas et sont des îles plate de roches calcaires et coralliennes. Comme elles sont plates, elles sont sans rivières ni alluvions et l'eau y est d'un bleu turquoise absolument époustouflant. Pour mieux en profiter, nous décidâmes d'aller de l'autre côté de l'île au travers des récifs pour aller s'ancrer à Gibbs Cay où les raies viennent au bord de la plage à quelques pas de nous. La navigation dans les lagons coralliens se fait à vue et il faudra s'y habituer car c'est la norme dans les bahamas. En effet, tous les pâtés de corail ne sont pas cartographiés et les bancs de sable ont la fâcheuse habitude de changer de place. Il vaut mieux alors se fier à ses yeux (équipés de verres fumés polarisés) et de naviguer quand le soleil est bien haut dans le ciel pour voir sous l'eau. Quand même un peu stressant quand on pense qu'une seule erreur peut signifier la fin de CroqueBleu! C'est pas grave, la récompense en vaut la peine...

1 commentaire:

  1. Bravo pour votre belle traversée et votre audace! Moi aussi je pense qu'on fait notre chance, et vous méritez amplement la votre!! Je vous souhaite beaucoup de bonheur pour la fin de votre périple, et beaucoup d'autres à venir! (l'Afrique du Sud en 2013, ça vous tente pas?!!)

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