Après Mayaguana, nous avons décidé d’aller passer quelques jours à Samana Cay. Samana Cay est un peu à l’écart des autres îles, est inhabitée et comme l’accès de son ancrage est difficile, plusieurs guides de croisière déconseillent carrément de s’y rendre. Après avoir étudié la carte de notre GPS et nos guides, je me suis dis que la passe entre les récifs ne devrait pas être si difficile que ça et que ça serait chouette de passer quelques temps dans une île juste à nous. Arrivé sur place, un examen attentif de la passe commença à nous faire regretter notre décision mais comme la carte de notre GPS semblait claire et que le temps était clément, nous décidâmes d’y aller. Marie-Noëlle s’installa à la proue pour indiquer le chemin et je restai à la barre et au GPS. Nous nous sommes engagé dans la passe en naviguant à vue pour nous rendre compte que le GPS était dans les patates (de corail)! Nous avons donc traversé la passe qui fait environ 45 pieds de large avec un S au milieu purement à vue avec un petit arrêt cardiaque chacun!!! Avant de ressortir quelques jours plus tard, je suis allé nager toute la passe en apnée pour me la mettre bien en tête. Maintenant que je sais comment elle est faite, nous pourrions y retourner sans crainte mais je comprends pourquoi les guides de croisière en découragent la visite!!!
Par contre, une fois à l’intérieur du lagon, c’était magnifique. Ancré entre une petite caye de corail et l’île elle même dans une eau bleu limpide. Les récifs de corails étaient superbes et nous y avons passé beaucoup de temps en apnée. Un de nos buts était de trouver des langoustes car la saison touchait à sa fin. Après deux jours de recherches vaines dans les récifs, Édouard a trouvé un conch (qui se prononce konk aux Bahamas, Conche ou Lambi dans les Antilles françaises). Édouard était bien fier de sa trouvaille et impatient d’en faire son repas. Nous avons donc été pris pour trouver assez de conch pour en faire un repas ce qui fut assez vite fait grâce à Marie-Noëlle.
Le problème était que j’avais une idée très approximative de la façon de les nettoyer et de les faire cuire… Après un examen attentif des spécimens, je conclu que j’avais besoin d’aide. J’appelai donc mon père (qui ne sait pas plus que moi comment nettoyer un conch) avec le téléphone satellite pour lui demander de regarder sur internet et de me dire comment faire. Fort de ces explications, je travaillai donc deux heures pour nettoyer les cinq conchs. Ne me demandez pas de vous en préparer, vous n’êtes pas assez riches au prix que je vais vous charger ;-) Après avoir trimé dur, j’ai obtenu un bon plat de chair de conch qui s’apparentait à du caoutchouc dur.
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| Appétissant non??? |
Comme j’étais plein de jus et d’odeur de conch, je n’avais plus vraiment l’envie d’en manger et je mis le tout au frigo pour usage ultérieur. Pendant ce temps là les enfants continuaient à saliver à l’idée du régale de conch à venir pendant que je me demandais bien ce que j’allais faire avec ce caoutchouc fort odoriférant. Deux jours plus tard, je récupérai le conch du frigo pour le marteler comme il est suggéré (avec un marteau de menuisier à défaut de mieux) avec la surprise de le voir passablement plus tendre. Finalement, j’ai adapté la seule recette de conch au BBQ que j’avais car il nous manquait des ingrédients et ce fut un… délice!!! Ouf! Notre prochaine destination est un parc marin, il est interdit d’y ramasser quoique ce soit et j’en suis rassuré car l’idée de passer encore des heures à préparer des conch pour trois petits goinfres ne m’enchante pas particulièrement…
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| Et voici le résultat final! |


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